archipel
16.04 — 5.07.2025

Articles de presse

Évènement


Harold DELHAIE

  • Le travail d’Harold Delhaie s’inscrit dans une recherche sensible autour du corps, de la mémoire et de leurs modes de représentation. À la croisée de la photographie, de l’installation et de la performance, sa pratique interroge ce qui fait trace : ce qui subsiste, se transforme ou disparaît dans l’expérience corporelle et dans l’image. Le corps y apparaît comme un langage à part entière, un territoire instable où se rejouent les tensions entre contrôle et abandon, apparition et effacement, norme et singularité.

    Pour archipel, Harold Delhaie présente un projet qui explore la mémoire dans sa dimension la plus fragile et mouvante. À partir de portraits et de fragments de corps, il déconstruit puis recompose les images en strates superposées, jouant sur la transparence, la répétition et la fragmentation. Ces assemblages produisent de nouvelles géométries visuelles qui déplacent le statut de l’image photographique : celle-ci ne se donne plus comme simple surface de représentation, mais comme un espace de circulation entre présence et absence.

    En troublant la lisibilité des corps et en brouillant les repères, le travail invite à une attention lente, presque introspective. Ce qui est montré importe autant que ce qui se dérobe. La photographie devient alors un lieu de tension, où la mémoire ne se fixe jamais totalement, mais se recompose sans cesse, à travers des formes instables et silencieuses.

    À travers cette proposition, Harold Delhaie questionne la capacité de l’image à contenir une trace : est-ce l’image qui conserve la mémoire, ou le regard qui l’active ? En écho aux enjeux portés par archipel, son travail propose une photographie qui ne cherche pas à affirmer, mais à ouvrir : un espace sensible où le corps, l’image et la mémoire demeurent en perpétuel devenir.

  • Harold Delhaie’s work is rooted in a sensitive exploration of the body, memory, and their modes of representation. At the intersection of photography, installation, and performance, his practice investigates what leaves a trace—what persists, transforms, or disappears within bodily experience and within the image. The body emerges as a language in its own right, an unstable territory where tensions between control and surrender, appearance and erasure, norm and singularity are continually replayed.

    For archipel, Harold Delhaie presents a project that explores memory in its most fragile and shifting dimension. Drawing on portraits and fragments of bodies, he deconstructs and recomposes images into superimposed layers, playing with transparency, repetition, and fragmentation. These assemblages generate new visual geometries that displace the status of the photographic image: no longer a mere surface of representation, it becomes a space of circulation between presence and absence.

    By unsettling the legibility of bodies and blurring points of reference, the work calls for a slow, almost introspective form of attention. What is shown matters as much as what eludes view. Photography thus becomes a site of tension, where memory never fully settles but is continuously reconfigured through unstable, silent forms.

    Through this proposal, Harold Delhaie questions the capacity of the image to hold a trace: is it the image that preserves memory, or the gaze that activates it? Echoing the concerns at the heart of archipel, his work proposes a form of photography that does not seek to assert, but to open up—a sensitive space in which body, image, and memory remain in perpetual becoming.

Sevdenur DOGAN

  • Le travail de Sevdenur Doğan s’inscrit dans une pratique documentaire élargie, à la croisée de la photographie, de l’archive et du récit personnel. À travers le paysage, l’architecture et les objets, elle interroge les lieux comme porteurs de mémoire, de tensions politiques et de récits invisibilisés. Son regard se construit à partir d’une expérience intime de la discrimination, de l’exil et de l’appartenance, qu’elle met en relation avec des histoires collectives de violence, d’effacement et de transmission.

    Pour archipel, Sevdenur Doğan présente un projet qui explore le territoire comme espace de témoignage. En photographiant des architectures ordinaires, des paysages marqués par l’abandon ou des objets chargés d’histoire, elle révèle les strates silencieuses de la mémoire politique et sociale. Ces images, en apparence modestes, deviennent des indices : des traces matérielles à partir desquelles se lisent des cycles répétés d’oppression et d’exclusion.

    Sa démarche se caractérise par une attention portée à ce qui reste en marge du spectaculaire. Les lieux qu’elle photographie ne sont jamais neutres : ils condensent des récits absents, des déplacements forcés, des violences diffuses qui continuent d’habiter l’espace. Le paysage devient ainsi un corps politique, traversé par des histoires qui ne se disent pas frontalement mais se laissent deviner dans les détails, les ruines, les objets déplacés ou oubliés.

    À travers cette proposition, Sevdenur Doğan questionne la capacité de la photographie à témoigner de ce qui a été nié ou effacé. Son travail ne cherche pas à produire une image définitive du réel, mais à ouvrir un espace de lecture sensible, où l’intime et le politique s’entrelacent. En écho aux enjeux de archipel, elle propose une photographie comme outil de transmission, attentive aux fractures du monde et aux récits qui persistent malgré tout.

  • Sevdenur Doğan’s work is rooted in an expanded documentary practice, at the intersection of photography, archive, and personal narrative. Through landscape, architecture, and objects, she investigates places as carriers of memory, political tension, and marginalized histories. Her gaze is shaped by an intimate experience of discrimination, exile, and belonging, which she connects to collective histories of violence, erasure, and transmission.

    For archipel, Sevdenur Doğan presents a project that explores territory as a space of testimony. By photographing ordinary architectures, landscapes marked by abandonment, and objects charged with history, she reveals the silent layers of political and social memory embedded within them. These images, seemingly modest at first glance, function as clues—material traces through which recurring cycles of oppression and exclusion can be read.

    Her approach is defined by an attention to what remains outside the realm of spectacle. The places she photographs are never neutral: they condense absent narratives, forced displacements, and diffuse forms of violence that continue to inhabit space. Landscape thus becomes a political body, traversed by histories that are not stated outright but can be sensed through details, ruins, and displaced or forgotten objects.

    Through this proposal, Sevdenur Doğan questions the capacity of photography to bear witness to what has been denied or erased. Her work does not seek to produce a definitive image of reality, but rather to open up a sensitive space of reading, where the intimate and the political intertwine. Echoing the concerns at the heart of archipel, she proposes photography as a tool of transmission—attentive to the fractures of the world and to the stories that persist despite everything.

Barbara Salomé FELGENHAUER

  • Le travail de Barbara Salomé Felgenhauer se déploie à la croisée de la photographie, de l’installation, de la performance et du film. Au cœur de sa pratique, le corps et la terre sont pensés comme des territoires politiques, traversés par des récits, des mythes et des rapports de domination. À travers une approche écoféministe assumée, elle cherche à réinventer nos manières de raconter le monde, en articulant le spirituel et le politique, l’intime et le collectif.

    Pour archipel, Barbara Salomé Felgenhauer présente un projet issu de son laboratoire de recherche J’ai rêvé l’obscur, espace de création vivant et évolutif nourri par les pensées écoféministes, les pratiques rituelles et les récits alternatifs. À partir d’images de phénomènes naturels, de fragments de corps et d’artefacts, elle compose des formes visuelles qui se situent à la frontière du visible et de l’invisible. La photographie y fonctionne comme une trace, souvent issue d’un geste performatif, d’une action rituelle ou d’un contact direct avec la matière.

    Sa proposition interroge la construction des récits dominants — qu’ils soient historiques, culturels ou esthétiques — et leur impact sur les corps, les genres et le vivant. En convoquant des figures symboliques, des gestes ancestraux et des imaginaires sensibles, son travail ouvre un espace où d’autres modes de relation deviennent possibles. Il ne s’agit pas de représenter la nature ou le corps comme objets, mais de faire émerger des formes de présence, de puissance et de transformation.

    À travers cette proposition, Barbara Salomé Felgenhauer invite à ralentir, à écouter et à ressentir. En écho aux enjeux portés par archipel, son travail propose une photographie élargie, qui dépasse la simple image pour devenir un outil de narration, de réparation et de réinvention collective. Un espace où le récit se réécrit à partir des marges, des corps et du vivant.

  • Barbara Salomé Felgenhauer’s work unfolds at the intersection of photography, installation, performance, and film. At the core of her practice, the body and the earth are conceived as political territories, traversed by narratives, myths, and relations of domination. Through an openly ecofeminist approach, she seeks to reimagine the ways we tell stories about the world, articulating the spiritual and the political, the intimate and the collective.

    For archipel, Barbara Salomé Felgenhauer presents a project stemming from her research laboratory J’ai rêvé l’obscur, a living and evolving space of creation informed by ecofeminist thought, ritual practices, and alternative narratives. Drawing on images of natural phenomena, bodily fragments, and artifacts, she composes visual forms situated at the threshold between the visible and the invisible. Here, photography operates as a trace, often emerging from performative gestures, ritual actions, or direct contact with matter.

    Her proposal questions the construction of dominant narratives—whether historical, cultural, or aesthetic—and their impact on bodies, genders, and the living world. By invoking symbolic figures, ancestral gestures, and sensitive imaginaries, her work opens up a space in which other modes of relation become possible. Rather than representing nature or the body as objects, she seeks to bring forth forms of presence, power, and transformation.

    Through this proposal, Barbara Salomé Felgenhauer invites viewers to slow down, to listen, and to feel. Echoing the concerns at the heart of archipel, her work proposes an expanded form of photography that goes beyond the image to become a tool for storytelling, repair, and collective reinvention—a space where narratives are rewritten from the margins, through bodies and the living world.

Nanténé TRAORÉ

  • Le travail de Nanténé Traoré se déploie à la croisée de la photographie et de l’écriture, dans une pratique profondément narrative où les images et les mots se répondent. Ses œuvres explorent l’intime comme un espace de résonance collective, traversé par des questions de mémoire, d’absence, de transmission et de désir. Corps, gestes et fragments du quotidien y deviennent les vecteurs d’histoires sensibles, souvent marquées par la perte, la tendresse et la vulnérabilité.

    Pour archipel, Nanténé Traoré présente un projet qui interroge l’image à partir de ce qui lui manque. En travaillant autour de l’absence, du vide et de l’incomplétude, il explore les limites du médium photographique et sa capacité à témoigner de ce qui n’est plus, de ce qui échappe ou de ce qui demeure en suspens. Les photographies ne livrent jamais un récit clos : elles ouvrent au contraire des espaces de projection, où les souvenirs individuels et collectifs peuvent se superposer.

    Sa démarche se caractérise par une attention particulière portée aux états de latence : silhouettes à peine visibles, intérieurs traversés par l’air et la lumière, traces humaines qui affleurent sans se donner pleinement. L’image se fait lente, parfois fragile, et appelle une expérience du regard fondée sur l’écoute et la disponibilité. Ce qui se joue dans ces images tient autant de ce qui est montré que de ce qui se dérobe.

    À travers cette proposition, Nanténé Traoré questionne la photographie comme lieu de mémoire sensible et partagée. En écho aux enjeux portés par archipel, son travail propose une image ouverte, poreuse, qui ne cherche pas à fixer le réel mais à en préserver l’émotion. Une photographie qui agit comme un réceptacle, capable d’accueillir des récits multiples et de faire émerger, dans le silence et la douceur, des formes de présence persistantes.

  • Nanténé Traoré’s work unfolds at the intersection of photography and writing, within a deeply narrative practice in which images and words resonate with one another. His work explores intimacy as a space of collective resonance, shaped by questions of memory, absence, transmission, and desire. Bodies, gestures, and fragments of everyday life become carriers of sensitive stories, often marked by loss, tenderness, and vulnerability.

    For archipel, Nanténé Traoré presents a project that approaches the image through what is missing. By working with absence, emptiness, and incompleteness, he explores the limits of the photographic medium and its ability to bear witness to what is no longer there, what escapes, or what remains unresolved. The photographs never deliver a closed narrative; instead, they open up spaces of projection where individual and collective memories can overlap.

    His approach is characterized by a close attention to states of latency: barely visible silhouettes, interiors crossed by air and light, human traces that surface without fully revealing themselves. The image becomes slow, at times fragile, and calls for a mode of looking grounded in listening and attentiveness. What unfolds within these images lies as much in what is shown as in what withdraws from view.

    Through this proposal, Nanténé Traoré questions photography as a site of shared, sensitive memory. Echoing the concerns at the heart of archipel, his work proposes an open, porous image that does not seek to fix reality but to preserve its emotional charge. A form of photography that acts as a receptacle, capable of welcoming multiple narratives and allowing forms of persistent presence to emerge through silence and gentleness.

instagram Nanténé TRAORÉ

Quinten VERMEULEN

  • Le travail de Quinten Vermeulen s’ancre dans une pratique attentive aux gestes ordinaires, aux processus du quotidien et aux conditions matérielles de production des images. À travers la photographie et l’installation, il interroge le médium photographique depuis l’intérieur, en faisant du laboratoire, de l’archive et du dispositif d’exposition des éléments constitutifs de l’œuvre. Son travail se développe à partir d’une observation fine du réel, où de petites actions, des objets simples ou des situations banales deviennent des points d’entrée vers une réflexion plus large sur le temps, la transformation et la perception.

    Pour archipel, Quinten Vermeulen présente un projet qui explore la photographie comme processus plutôt que comme résultat. En mobilisant son propre archive d’images et en rendant visibles les outils, les formats et les étapes de fabrication, il met en lumière ce qui, habituellement, reste en arrière-plan : les conditions techniques, les gestes répétitifs et les choix matériels qui façonnent l’image. La photographie n’y est pas seulement un support de représentation, mais un espace de circulation entre image, objet et situation.

    Sa démarche accorde une place centrale au laboratoire comme lieu physique et mental, où le temps s’étire et où l’image se transforme. Les variations d’échelle, de couleur, de rythme ou de support font apparaître le processus d’impression comme un acte à part entière, laissant affleurer des notions de mouvement, de délai et de réutilisation. L’image devient ainsi instable, toujours susceptible d’être rejouée, déplacée ou reformulée.

    À travers cette proposition, Quinten Vermeulen questionne la photographie dans sa dimension matérielle et expérimentale. En écho aux enjeux portés par archipel, son travail propose une approche discrète mais rigoureuse, où l’attention portée aux gestes quotidiens et aux processus invisibles ouvre un espace de réflexion sensible sur la fabrication des images et notre manière de les regarder.

  • Quinten Vermeulen’s work is grounded in an attentive practice focused on everyday gestures, daily processes, and the material conditions of image production. Through photography and installation, he interrogates the photographic medium from within, making the darkroom, the archive, and the exhibition dispositif integral components of the work. His practice develops from a close observation of reality, in which small actions, simple objects, and seemingly banal situations become entry points for a broader reflection on time, transformation, and perception.

    For archipel, Quinten Vermeulen presents a project that explores photography as a process rather than a finished outcome. By mobilizing his own image archive and making visible the tools, formats, and stages of fabrication, he brings to light what usually remains in the background: the technical conditions, repetitive gestures, and material choices that shape the image. Photography is not treated merely as a surface of representation, but as a space of circulation between image, object, and situation.

    His approach places the darkroom at the center, understood as both a physical and mental space where time stretches and the image is transformed. Variations in scale, color, rhythm, and support reveal the act of printing as a practice in its own right, introducing notions of movement, delay, and reuse. The image thus becomes unstable—always liable to be replayed, displaced, or reformulated.

    Through this proposal, Quinten Vermeulen questions photography in its material and experimental dimensions. Echoing the concerns at the heart of archipel, his work proposes a discreet yet rigorous approach, in which attention to everyday gestures and invisible processes opens up a sensitive space for reflecting on how images are made and how we look at them.

instagram Quinten VERMEULEN

Serena VITTORINI

  • Le travail de Serena Vittorini s’inscrit dans une pratique où la photographie dialogue étroitement avec l’objet, l’espace et le dispositif. Formée à la fois en psychologie et en photographie, elle développe une recherche attentive aux formes ordinaires du quotidien et aux relations qu’elles produisent. Objets domestiques, fragments d’architecture et situations mises en scène deviennent les vecteurs d’une réflexion sur les normes, les usages et les micropolitiques qui traversent l’intime.

    Pour archipel, Serena Vittorini présente Régime d’assise, un projet qui prend pour point de départ une chaise occidentale conçue et construite par l’artiste. De meuble familier, l’objet se transforme en dispositif de contrainte : dossier plié, assise réduite, arêtes marquées. La chaise cesse d’être un simple support fonctionnel pour devenir un outil d’analyse, révélant les logiques de contrôle, de hiérarchisation et de normalisation des corps à l’œuvre dans l’espace domestique et social.

    La série photographique documente l’interaction entre cet objet et un corps queer, non pas à travers des poses figées, mais par une succession de négociations corporelles : déplacements minimes, transferts de poids, torsions, retraits. Chaque image isole un moment précis où la forme impose un cadre et où le corps en explore les marges. Ensemble, les photographies composent un vocabulaire d’actions élémentaires — tenir, se décaler, résister, s’adapter — qui met en crise l’idée même de « bonne posture ».

    À travers cette proposition, Serena Vittorini interroge la manière dont les objets façonnent les corps et organisent les relations. En écho aux enjeux portés par archipel, son travail propose une photographie qui ne se limite pas à représenter, mais qui rend visibles des structures de pouvoir ordinaires. Une pratique où l’image devient un espace critique, capable de révéler comment, à l’échelle du quotidien, se rejouent des normes sociales et politiques plus larges.

  • Serena Vittorini’s work is rooted in a practice in which photography engages closely with objects, space, and display dispositifs. Trained in both psychology and photography, she develops a research-based approach attentive to ordinary forms of everyday life and the relationships they produce. Domestic objects, architectural fragments, and staged situations become vehicles for reflecting on norms, uses, and the micropolitics that shape intimacy.

    For archipel, Serena Vittorini presents Régime d’assise, a project that takes as its starting point a Western chair designed and built by the artist. From a familiar piece of furniture, the object becomes a dispositif of constraint: a folded backrest, a reduced seat, sharp edges. The chair ceases to function as a neutral support and instead operates as an analytical tool, revealing logics of control, hierarchy, and bodily normalization at work within domestic and social spaces.

    The photographic series documents the interaction between this object and a queer body—not through fixed poses, but through a succession of bodily negotiations: minimal shifts, transfers of weight, torsions, and withdrawals. Each image isolates a precise situation in which the form imposes a framework and the body explores its margins. Taken together, the photographs compose a vocabulary of elementary actions—holding, shifting, resisting, adapting—that calls into question the very idea of “proper posture.”

    Through this proposal, Serena Vittorini examines how objects shape bodies and organize relationships. Echoing the concerns at the heart of archipel, her work proposes a form of photography that goes beyond representation to make visible ordinary structures of power. It is a practice in which the image becomes a critical space, capable of revealing how broader social and political norms are replayed at the scale of everyday life.